L’essentiel à retenir : l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d’activité. En 2026, l’exonération est de 50 % des cotisations sociales pour les micro-entrepreneurs et les créateurs en régime réel, dans la limite d’un plafond annuel.
Créer son entreprise, c’est souvent se retrouver face à des charges sociales importantes dès les premiers mois — alors que les revenus ne sont pas encore stabilisés. L’ACRE est l’aide qui permet d’alléger considérablement cette pression la première année. Ce guide te explique tout sur l’ACRE en 2026 : qui peut en bénéficier, comment la demander, combien elle représente concrètement et comment l’optimiser.
- L’ACRE : définition et mécanisme
- Les conditions pour bénéficier de l’ACRE
- Le montant de l’exonération : combien ça représente ?
- Comment faire sa demande d’ACRE
L’ACRE : définition et mécanisme
L’ACRE est un dispositif d’exonération partielle de charges sociales accordé aux créateurs et repreneurs d’entreprise lors du lancement de leur activité.
Ce que l’ACRE change concrètement
Sans ACRE, un créateur d’entreprise paie des cotisations sociales à taux plein dès le premier jour d’activité. Avec l’ACRE, les cotisations sociales personnelles sont réduites de 50 % pendant les 12 premiers mois d’activité. C’est une économie directe sur les charges — qui peut représenter plusieurs centaines voire milliers d’euros selon le niveau d’activité.
L’ACRE exonère partiellement les cotisations d’assurance maladie, maternité, vieillesse de base, invalidité-décès et allocations familiales. Elle n’exonère pas la CSG, la CRDS, la retraite complémentaire ni la formation professionnelle. Ce sont les cotisations les plus lourdes qui sont réduites.
Historique : une aide qui a évolué
L’ACRE a été profondément réformée ces dernières années. Avant 2019, elle s’appelait ACCRE et concernait principalement les demandeurs d’emploi. Depuis 2019, elle a été étendue à tous les créateurs d’entreprise — mais son taux a été progressivement réduit pour les micro-entrepreneurs (50 % au lieu des 75 à 100 % anciennement). En 2026, le dispositif est stabilisé dans sa forme actuelle.
L’ACRE n’est pas un « cadeau » de l’État — c’est une aide ciblée pour permettre aux entreprises de passer le cap difficile de la première année sans être étouffées par les charges avant même d’avoir généré des revenus stables. C’est une aide à la survie de l’activité naissante.
Les conditions pour bénéficier de l’ACRE
L’ACRE est accessible à de nombreux profils — mais pas à tout le monde automatiquement.
Les personnes éligibles
Peuvent bénéficier de l’ACRE :
Les demandeurs d’emploi indemnisés (ARE) ou non indemnisés mais inscrits à France Travail depuis plus de 6 mois sur les 18 derniers mois. Les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité). Les jeunes de 18 à 25 ans (26 ans révolus) qui créent une entreprise, quelle que soit leur situation. Les personnes de 18 à 29 ans qui ne remplissent pas les conditions d’affiliation suffisantes pour bénéficier des allocations chômage. Les salariés ou licenciés de certaines entreprises en difficulté qui reprennent leur entreprise. Les bénéficiaires de la PreParE (Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant). Les créateurs d’entreprise dans les QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville) ou en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale).
| Profil | Eligible ACRE ? | Condition spécifique |
|---|---|---|
| Demandeur d’emploi indemnisé (ARE) | Oui | Inscrit à France Travail |
| Demandeur d’emploi non indemnisé | Oui | Inscrit depuis +6 mois sur 18 |
| Jeune 18-25 ans | Oui | Aucune condition supplémentaire |
| Bénéficiaire RSA | Oui | Attestation CAF requise |
| Salarié en CDI qui crée une entreprise | Non (en général) | Sauf cas spécifiques (QPV, ZRR) |
| Auto-entrepreneur déjà en activité | Non | Réservé aux nouvelles créations |
Les conditions liées à l’entreprise créée
L’ACRE peut être demandée pour la création ou la reprise d’une entreprise sous la plupart des formes juridiques : micro-entreprise (auto-entrepreneur), EURL, SASU, SARL, SAS… Elle est accordée pour une seule entreprise — tu ne peux pas en bénéficier deux fois en créant successivement deux structures.
L’entreprise créée ne doit pas être une simple continuité d’une activité antérieure sous une autre forme — c’est-à-dire qu’on ne peut pas clore une micro-entreprise et en rouvrir une autre juste pour bénéficier à nouveau de l’ACRE.
Le montant de l’exonération : combien ça représente ?
C’est la question clé — combien d’argent l’ACRE me fait-elle économiser concrètement ?
Pour les micro-entrepreneurs
En micro-entreprise (auto-entrepreneur), les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires. Avec l’ACRE, ces taux sont réduits de 50 % pendant les 12 premiers mois.
Vente : 12,3 % · Services BIC : 21,2 % · Libéral BNC : 21,1 %
Vente : 6,15 % · Services BIC : 10,6 % · Libéral BNC : 10,55 %
CA mensuel de 3 000 € HT sur 12 mois = 36 000 € annuels.
Sans ACRE : 36 000 × 21,2 % = 7 632 € de cotisations
Avec ACRE : 36 000 × 10,6 % = 3 816 € de cotisations
Économie : 3 816 € sur la première année.
Pour les créateurs en régime réel (EURL, SASU…)
Pour les entreprises en régime réel, l’exonération porte sur les cotisations sociales personnelles du dirigeant (régime TNS pour les gérants majoritaires, assimilé-salarié pour les présidents de SAS/SASU). L’exonération est de 50 % des cotisations dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (46 368 € en 2026).
Concrètement, si ta rémunération de dirigeant est inférieure au plafond SS, toutes tes cotisations sont réduites de moitié. Au-delà, seule la partie sous le plafond bénéficie de l’exonération.
La durée de l’ACRE : 12 mois
L’exonération ACRE dure 12 mois à compter de la date de début d’activité — pas de l’année civile. Si tu démarres le 1er avril 2026, ton ACRE court jusqu’au 31 mars 2027, quelle que soit la date à laquelle tu as fait ta demande.
L’exonération ACRE est totale jusqu’à 75 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) soit environ 34 776 € en 2026. Entre 75 % et 100 % du PASS (34 776 € et 46 368 €), l’exonération est dégressive. Au-delà du PASS, aucune exonération. Pour la grande majorité des créateurs, l’exonération est donc totale la première année.
Comment faire sa demande d’ACRE
La procédure de demande dépend de ton statut et de la forme juridique choisie.
Pour les micro-entrepreneurs
Depuis 2020, l’ACRE n’est plus automatique pour les micro-entrepreneurs. Tu dois en faire la demande au moment de la déclaration de création d’activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Une case spécifique te demande si tu souhaites bénéficier de l’ACRE. Si tu oublies de la cocher, tu peux faire une demande rétroactive dans un délai de 45 jours après le début d’activité.
Pour les autres formes juridiques (EURL, SASU, SARL…)
La demande d’ACRE se fait auprès de l’URSSAF, dans les 45 jours suivant la date de début d’activité. Tu dois joindre les pièces justificatives prouvant ton éligibilité (attestation ARE, attestation RSA, justificatif d’âge si tu as moins de 26 ans…).
| Forme juridique | Où faire la demande | Délai |
|---|---|---|
| Micro-entreprise | autoentrepreneur.urssaf.fr (à la création) | Lors de la création ou 45 jours après |
| EURL, SARL, SASU, SAS | URSSAF (formulaire papier ou en ligne) | Dans les 45 jours après début d’activité |
| Toutes formes | Avec pièces justificatives d’éligibilité | Maximum 45 jours |
Les pièces justificatives selon le profil
Demandeur d’emploi indemnisé : attestation ARE de France Travail. Demandeur d’emploi non indemnisé : attestation d’inscription à France Travail (depuis plus de 6 mois sur les 18 derniers). Bénéficiaire RSA : attestation CAF. Jeune de 18-25 ans : aucune pièce spécifique — l’âge suffit. QPV/ZRR : attestation de domiciliation dans la zone.
Et si on oublie de faire la demande dans les 45 jours ?
C’est la mauvaise nouvelle : passé le délai de 45 jours, la demande d’ACRE n’est plus recevable. L’URSSAF ne peut pas accorder l’exonération rétroactivement au-delà de ce délai. C’est donc une priorité absolue dès le démarrage de l’activité — surtout si tu es éligible.
Oui — et c’est même l’une des combinaisons les plus avantageuses. Un demandeur d’emploi qui crée une micro-entreprise peut continuer à percevoir une partie de son ARE (dans le cadre du maintien des allocations chômage) ET bénéficier de l’ACRE sur ses cotisations. Les deux dispositifs sont compatibles et cumulables.
L’ACRE est un dispositif simple, accessible et extrêmement concret : moins de charges la première année, c’est plus de trésorerie pour lancer et stabiliser son activité. Si tu es éligible, il n’y a aucune raison de ne pas la demander — et 45 jours, c’est court. Ne laisse pas passer ce délai.
FAQ
L’ACRE est-elle automatique pour les micro-entrepreneurs ?
Non, depuis 2020. Elle doit être demandée explicitement lors de la création de la micro-entreprise sur autoentrepreneur.urssaf.fr, ou dans les 45 jours suivant le début d’activité. Si tu oublies, tu perds définitivement le bénéfice de l’ACRE pour cette création.
Un salarié en CDI peut-il bénéficier de l’ACRE ?
Pas en règle générale — sauf s’il réside dans une Zone Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV) ou une Zone de Revitalisation Rurale (ZRR), ou s’il appartient à une catégorie spécifique (bénéficiaire PreParE, repreneur d’entreprise en difficulté…). Un salarié qui démissionne pour créer son entreprise n’est pas automatiquement éligible.
L’ACRE s’applique-t-elle à toutes les cotisations ?
Non. L’ACRE exonère partiellement les cotisations d’assurance maladie, maternité, vieillesse, invalidité-décès et allocations familiales. La CSG, la CRDS, la retraite complémentaire et la formation professionnelle ne sont pas concernées.
Peut-on bénéficier de l’ACRE plusieurs fois ?
Non. L’ACRE ne peut être accordée qu’une seule fois par personne. Si tu as déjà bénéficié de l’ACCRE (l’ancienne version) ou de l’ACRE pour une précédente création, tu ne peux pas en bénéficier à nouveau.
L’ACRE réduit-elle aussi les cotisations de retraite ?
Partiellement. L’ACRE réduit les cotisations de retraite de base — mais pas la retraite complémentaire. Attention : une exonération de cotisations retraite signifie aussi moins de droits à la retraite accumulés pendant cette période. C’est un compromis à avoir en tête pour les créateurs qui planifient leur retraite.

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