Congé maternité et congé paternité 2026 : durée, droits et indemnités

Eva Martin

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Congé maternité et paternité 2026 : durée, droits et indemnités complètes






L’essentiel à retenir : en 2026, le congé maternité dure de 16 à 46 semaines selon le rang de naissance et le nombre d’enfants attendus. Le congé paternité dure 28 jours calendaires (dont 7 obligatoires). Les deux sont indemnisés par la Sécurité sociale via des indemnités journalières plafonnées — et protégés par la loi contre le licenciement.


Naissance d’un enfant, congé maternité, congé paternité — les droits sont nombreux mais pas toujours bien connus. Combien de temps peut-on s’absenter ? Combien touche-t-on pendant le congé ? Comment ça se passe pour un indépendant ? Ce guide te donne toutes les réponses sur les congés maternité et paternité en 2026.




  1. Le congé maternité : durée et organisation

  2. Les indemnités journalières maternité

  3. Le congé paternité en 2026

  4. La protection contre le licenciement



Le congé maternité : durée et organisation



La durée du congé maternité varie selon la situation familiale.



Les durées légales selon la situation













































Situation Congé prénatal Congé postnatal Total
1er ou 2ème enfant (grossesse simple) 6 semaines 10 semaines 16 semaines
3ème enfant ou plus 8 semaines 18 semaines 26 semaines
Jumeaux 12 semaines 22 semaines 34 semaines
Triplés ou plus 24 semaines 22 semaines 46 semaines
État pathologique lié à la grossesse +2 semaines supplémentaires +4 semaines supplémentaires Variable



La flexibilité du congé prénatal



La salariée peut reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal, si son état de santé le permet et avec accord médical. Par exemple, pour un premier enfant (congé prénatal de 6 semaines), elle peut choisir de ne prendre que 3 semaines avant la naissance et d’avoir 13 semaines après. Cela lui permet de travailler plus longtemps avant l’accouchement et de rester plus longtemps avec le bébé après.




La date de début du congé maternité

Le congé prénatal commence obligatoirement au plus tôt 6 semaines avant la date présumée de l’accouchement (ou à la date choisie en cas de report). Si l’accouchement survient avant la date prévue, le congé postnatal est prolongé d’autant. S’il survient après, les jours de dépassement s’ajoutent au postnatal.




Maternité et adoption



L’adoption ouvre droit à un congé d’adoption distinct du congé maternité. Sa durée varie selon le nombre d’enfants adoptés et la situation familiale avant l’adoption : 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, 18 semaines pour un troisième enfant ou plus, 22 semaines pour l’adoption de plusieurs enfants simultanément. Ce congé peut être partagé entre les deux parents adoptants.



Le congé maternité est un droit absolu — un employeur ne peut pas s’y opposer, le raccourcir ou conditionner son attribution. La seule décision qui revient à la salariée est l’organisation du congé prénatal (report possible). Pour le reste, c’est la loi qui fixe le cadre, sans dérogation possible.


Les indemnités journalières maternité



Pendant le congé maternité, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ) — sous conditions.

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Les conditions pour percevoir les IJ maternité



Pour avoir droit aux indemnités journalières maternité, il faut remplir les conditions suivantes au moment du début du congé prénatal :



Être immatriculée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois. Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l’arrêt. Ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédents.



Le calcul des indemnités journalières



Les IJ maternité sont calculées sur la base du salaire net moyen des 3 derniers mois précédant le congé, divisé par 91,25 pour obtenir le montant journalier. Ce montant est plafonné :





Montant maximum des IJ maternité 2026

Plafond journalier : environ 100,36 € nets par jour

Soit environ 3 011 € nets par mois


Basé sur le plafond mensuel de la Sécurité sociale




Exemple pour un salaire de 2 500 € nets/mois

Salaire net moyen 3 mois : 2 500 €

IJ journalière : 2 500 ÷ 91,25 = ~27,40 € nets/jour

Sur 30 jours : ~822 € nets/mois





Le complément employeur : le maintien du salaire



Les IJ maternité sont souvent inférieures au salaire habituel — ce qui peut créer une perte de revenu pendant le congé. Beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien du salaire pendant tout ou partie du congé maternité, l’employeur complétant la différence entre l’IJ et le salaire net habituel.



Vérifie ta convention collective — dans les secteurs de la banque, de l’assurance, de la grande distribution et de la fonction publique notamment, le maintien à 100 % du salaire pendant le congé maternité est souvent garanti. Si ta convention collective prévoit ce maintien, l’employeur ne peut pas s’y soustraire.



Les indépendantes et auto-entrepreneures



Les travailleuses indépendantes (micro-entrepreneuses, artisanes, commerçantes, professions libérales affiliées à la SSI) ont également droit à des indemnités maternité — mais sous des conditions et avec des montants différents selon le régime. Les auto-entrepreneuses doivent avoir cotisé sur au moins 900 fois le SMIC horaire dans l’année précédant l’arrêt pour avoir droit aux IJ maternité du régime TNS.



Le congé paternité en 2026



Le congé paternité a été considérablement renforcé en 2021 — et ces nouvelles règles sont toujours en vigueur en 2026.



La durée du congé paternité
























Situation Durée totale Dont obligatoires
Naissance simple 28 jours calendaires 7 jours
Naissance multiple (jumeaux, triplés…) 35 jours calendaires 7 jours



Ces 28 jours (ou 35 pour les naissances multiples) se décomposent en :



3 jours de congé de naissance obligatoire, à prendre immédiatement après la naissance (à la charge de l’employeur, pas de la Sécurité sociale). 7 jours obligatoires immédiatement après la naissance (ou après la sortie de la maternité) — pendant lesquels l’employeur ne peut pas faire travailler le salarié. 18 jours supplémentaires (21 pour naissances multiples) à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, fractionnables en 2 périodes maximum.

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Qui peut prendre le congé paternité ?



Le congé paternité peut être pris par :



Le père de l’enfant (marié, pacsé, concubin). Le conjoint ou partenaire de PACS de la mère, quel que soit son sexe. Le concubin de la mère (vivant maritalement avec elle).



Pas de condition d’ancienneté pour bénéficier du congé paternité — un salarié en CDD depuis 1 semaine peut en bénéficier dès la naissance de son enfant.



Les indemnités journalières du congé paternité



Pendant le congé paternité (hors les 3 jours de congé de naissance payés par l’employeur), la Sécurité sociale verse des indemnités journalières calculées selon les mêmes règles que pour la maternité : 100 % du salaire journalier net de référence, dans la limite du plafond journalier (~100 € nets/jour en 2026).




Délai de prévenance pour le congé paternité

Le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant la date à laquelle il souhaite prendre les jours optionnels du congé paternité. Pour les 7 jours obligatoires, l’information doit se faire « dès que possible ». L’employeur ne peut pas refuser le congé paternité — il peut juste s’organiser en conséquence.




La protection contre le licenciement



Pendant et autour du congé maternité, la salariée bénéficie d’une protection renforcée.



La période de protection absolue



Pendant le congé maternité et les 10 semaines suivant la fin du congé, le licenciement est absolument interdit — sauf faute grave non liée à la grossesse ou au congé, ou impossibilité de maintenir le contrat pour une raison étrangère à la grossesse. C’est une protection forte que même une procédure de licenciement économique en cours ne peut pas contourner.



La protection pendant la grossesse



Pendant la grossesse (avant le début du congé maternité), la protection est aussi réelle mais moins absolue. L’employeur peut initier une procédure de licenciement pour un motif non lié à la grossesse — mais si la salariée informe son employeur de son état de grossesse dans les 15 jours suivant la notification du licenciement, la procédure est annulée de plein droit.



Le retour de congé maternité



À la fin du congé maternité, la salariée a le droit de retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. Elle bénéficie également d’un entretien professionnel obligatoire à son retour, et des augmentations générales accordées pendant son absence doivent lui être appliquées.




Le congé parental d’éducation après le congé maternité

À l’issue du congé maternité ou paternité, les parents peuvent prolonger leur absence via le congé parental d’éducation — jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Ce congé est non rémunéré par l’employeur, mais ouvre droit à la PreParE (Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant) versée par la CAF, à hauteur d’environ 430 € nets par mois pour un arrêt total d’activité.

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Le congé maternité et le congé paternité sont des droits fondamentaux — bien ancrés dans la loi et protégés par des sanctions fortes en cas de violation. Connaître ses droits avant l’arrivée d’un enfant, informer son employeur dans les délais requis et vérifier sa convention collective pour les éventuels maintiens de salaire : trois étapes simples pour aborder sereinement cette période.



FAQ



Que se passe-t-il si j’accouche avant la date prévue ?


Si l’accouchement survient avant la date prévue, le congé prénatal non pris est automatiquement reporté sur le congé postnatal. La durée totale du congé maternité reste la même — elle est simplement réorganisée autour de la date réelle d’accouchement. Aucune démarche particulière n’est nécessaire — la CPAM ajuste automatiquement le versement des IJ.



Un salarié en CDD a-t-il droit au congé paternité ?


Oui, sans condition d’ancienneté. Le congé paternité s’applique à tous les salariés — CDI, CDD, intérimaires, apprentis. Si le CDD se termine pendant le congé paternité, les IJ continuent d’être versées par la Sécurité sociale jusqu’au terme du congé, indépendamment de la fin du contrat.



Peut-on travailler pendant son congé maternité ?


Non. Pendant le congé maternité, tout travail rémunéré est strictement interdit — y compris pour son propre compte. Travailler pendant le congé maternité entraîne la suspension du versement des IJ par la CPAM pour la période concernée.



Le congé maternité compte-t-il pour la retraite ?


Oui. Les périodes de congé maternité sont entièrement assimilées à des périodes d’assurance retraite. Chaque période de congé maternité donne droit à 4 trimestres supplémentaires de retraite pour les mères, en plus des trimestres normalement validés par l’activité professionnelle.



Que se passe-t-il si l’employeur ne respecte pas le congé paternité obligatoire ?


L’employeur qui fait travailler un salarié pendant les 7 jours obligatoires du congé paternité commet une infraction passible de sanctions de l’inspection du travail. Le salarié peut signaler la situation à l’inspection du travail. Le respect de la période obligatoire de 7 jours est impératif — aucune raison de service ne peut y faire obstacle.



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