L’essentiel à retenir : l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet aux demandeurs d’emploi indemnisés de percevoir 60 % de leurs droits ARE restants en deux versements pour financer le lancement de leur entreprise. C’est une alternative au maintien mensuel des allocations — avec ses avantages et ses inconvénients.
Tu es au chômage et tu veux créer ton entreprise ? France Travail te propose deux options : continuer à percevoir tes allocations chômage mensuellement tout en développant ton activité, ou opter pour l’ARCE et recevoir une grande partie de tes droits restants en capital. Ce guide te explique tout sur l’ARCE en 2026 : comment ça fonctionne, combien tu touches, quand c’est avantageux et quand ça ne l’est pas.
- L’ARCE : définition et fonctionnement
- Le montant de l’ARCE : combien tu touches ?
- ARCE ou maintien de l’ARE : que choisir ?
- Comment demander l’ARCE
L’ARCE : définition et fonctionnement
L’ARCE est un dispositif France Travail qui transforme des allocations mensuelles en un capital versé en deux fois.
Le principe de l’ARCE
Normalement, un demandeur d’emploi qui crée son entreprise peut maintenir ses allocations ARE mensuellement tout en développant son activité (dans certaines limites de revenus). L’ARCE propose une alternative : recevoir une somme globale — 60 % des droits ARE restants — en deux versements, pour disposer d’un capital de démarrage plus important.
Ce capital peut être utilisé librement : investissement matériel, fonds de roulement, formation, communication… Il n’y a aucune condition d’utilisation.
Les droits restants, c’est le montant total des allocations ARE que tu aurais encore perçu si tu étais resté demandeur d’emploi. Si tu avais droit à 600 €/mois pendant encore 18 mois au moment de la création de ton entreprise, tes droits restants sont de 600 × 18 = 10 800 €. L’ARCE te verse 60 % de cette somme, soit 6 480 € en deux fois.
Les deux versements de l’ARCE
L’ARCE est versée en deux fois :
Premier versement : à la date de début d’activité de l’entreprise (date d’immatriculation ou de première activité). Il représente 50 % du montant total de l’ARCE.
Second versement : 6 mois après le début d’activité, à condition que l’entreprise soit toujours en activité. Il représente les 50 % restants. Ce délai de 6 mois est une forme de sécurité — France Travail vérifie que l’activité est bien réelle avant de verser la totalité.
L’ARCE est soumise à une cotisation retraite
Contrairement aux allocations ARE mensuelles qui sont exonérées de certaines charges, l’ARCE est soumise à une cotisation retraite de 3 % prélevée directement sur le montant versé. Concrètement, si ton ARCE brute est de 6 480 €, tu reçois 6 480 × 0,97 = 6 285,60 € nets.
L’ARCE, c’est un pari : tu échanges un flux mensuel sécurisé contre un capital immédiat. Si ton projet démarre vite et génère des revenus rapidement, c’est souvent le bon choix. Si ton projet a besoin de temps pour décoller, le maintien des allocations mensuelles est plus rassurant financièrement.
Le montant de l’ARCE : combien tu touches ?
Le calcul de l’ARCE est simple — mais il faut bien comprendre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit en échange.
La formule de calcul
ARCE = 60 % × (montant journalier ARE × nombre de jours restants)
Exemple détaillé :
Situation : ARE de 45 €/jour (environ 1 350 €/mois), droits ouverts sur 24 mois, 18 mois restants au moment de la création.
Droits restants = 45 € × (18 × 30 jours) = 45 × 540 = 24 300 €
ARCE brute = 24 300 × 60 % = 14 580 €
Cotisation retraite (3 %) = 437 €
ARCE nette reçue : ~14 143 € en deux versements de ~7 071 € à 6 mois d’intervalle
En maintenant l’ARE mensuelle pendant 18 mois sans créer : tu aurais reçu 24 300 € bruts — mais étalés dans le temps et sous conditions de revenus de l’entreprise.
L’ARCE réduit tes droits définitivement
C’est le point crucial à comprendre : en optant pour l’ARCE, tu renonces définitivement aux droits ARE qui la composent. Si ton entreprise échoue après 3 mois, tu ne peux pas récupérer tes allocations mensuelles — l’ARCE les a « consommés ». Il existe cependant une exception : si l’entreprise cesse définitivement d’activité, tu peux rouvrir des droits ARE en tant que « créateur d’entreprise en difficulté », sous certaines conditions.
| Scénario | Avec ARCE | Avec maintien ARE mensuel |
|---|---|---|
| Entreprise qui décolle rapidement | Capital reçu + revenus entreprise | ARE réduite selon revenus entreprise |
| Entreprise qui tarde à générer des revenus | Capital disponible (mais limité) | ARE continue à couler mensuellement |
| Entreprise qui échoue après 3 mois | 40 % des droits perdus, 60 % touchés | Droits restants maintenus (sous conditions) |
| Montant total perçu (activité réussie) | 60 % des droits restants | Jusqu’à 100 % selon les revenus |
ARCE ou maintien de l’ARE : que choisir ?
C’est la vraie question — et la réponse dépend entièrement de ton projet et ta situation.
Quand l’ARCE est le bon choix
Tu as besoin d’un capital de démarrage important. Si ton projet nécessite un investissement initial (achat de matériel, stock, local, équipement numérique…), l’ARCE te donne les liquidités nécessaires sans avoir à emprunter.
Tu penses générer des revenus rapidement. Si ton activité est susceptible de générer des revenus dès les premiers mois (freelance avec clients déjà identifiés, reprise d’une clientèle existante…), l’ARCE te permet de capitaliser sans perdre de temps.
Tes droits ARE restants sont importants. Plus tes droits sont élevés, plus l’ARCE représente une somme significative. Pour quelqu’un avec 24 mois de droits restants à 1 500 €/mois, l’ARCE peut représenter plus de 21 000 € — de quoi financer sérieusement un lancement.
Quand le maintien de l’ARE est préférable
Ton projet met du temps à générer des revenus. Si tu lances un blog, un e-commerce ou une activité B2B avec des cycles de vente longs, la première année peut être difficile. Le maintien mensuel de l’ARE te donne un filet de sécurité tout au long de cette période.
Tu as peu de droits restants. Si tu n’as que 3 ou 4 mois de droits restants, l’ARCE représente une somme modeste (60 % de 3-4 mois d’allocations). Le maintien mensuel peut être plus utile dans ce cas.
Tu n’es pas certain de la viabilité de ton projet. Le maintien mensuel te laisse la possibilité de revenir sur ta décision — si tu arrêtes l’activité, tes droits non consommés sont toujours là. Avec l’ARCE, 40 % de tes droits sont perdus si tu arrêtes avant leur consommation théorique.
Beaucoup de droits restants · Besoin de capital · Revenus rapides envisageables · Projet solide et préparé
Peu de droits restants · Revenus lents à venir · Incertitude sur le projet · Besoin de sécurité mensuelle
L’ARCE et l’ACRE : le duo gagnant
L’ARCE est cumulable avec l’ACRE. En créant ton entreprise en tant que demandeur d’emploi indemnisé, tu peux bénéficier simultanément de l’ARCE (capital) et de l’ACRE (exonération de charges pendant 12 mois). C’est l’une des combinaisons les plus avantageuses pour un créateur d’entreprise. Ces deux aides ensemble peuvent représenter un avantage financier de plusieurs milliers d’euros la première année.
Comment demander l’ARCE
La démarche est simple mais doit être initiée dans les bons délais.
Les conditions préalables
Pour demander l’ARCE, tu dois :
Être bénéficiaire de l’ARE (allocation chômage) ou de certaines allocations spécifiques au moment de la création ou reprise d’entreprise. Avoir obtenu l’ACRE — la demande d’ARCE ne peut se faire que si tu bénéficies de l’ACRE. Créer ou reprendre effectivement une entreprise (immatriculation, première déclaration d’activité…).
La procédure de demande
Étape 1 : Informe ton conseiller France Travail de ton projet de création d’entreprise le plus tôt possible — idéalement avant la date de création. Il te guidera sur les options (ARCE ou maintien ARE) et t’aidera à constituer le dossier.
Étape 2 : Dépose ta demande d’ACRE auprès de l’URSSAF (dans les 45 jours suivant le début d’activité).
Étape 3 : Dépose ta demande d’ARCE auprès de France Travail dans les 3 ans suivant la date de création (mais plus tu attends, moins de droits il te reste). Fournis le justificatif de création d’entreprise (extrait Kbis ou attestation URSSAF pour les micro-entrepreneurs).
Étape 4 : France Travail calcule le montant, verse le premier acompte (50 % de l’ARCE) et planifie le second versement à 6 mois.
La demande d’ARCE peut être faite jusqu’à 3 ans après la création — mais plus tu attends, moins de droits ARE restants il te reste. La demande idéale se fait dans les semaines suivant la création de l’entreprise, avant que trop de droits soient consommés par le maintien mensuel éventuel.
L’ARCE est un outil puissant pour les créateurs d’entreprise — mais pas une solution universelle. Si ton projet est solide, ton besoin en capital réel et tes revenus prévisibles à court terme, l’ARCE combinée à l’ACRE est souvent la meilleure combinaison pour un démarrage ambitieux.
FAQ
Que se passe-t-il si mon entreprise échoue après avoir touché l’ARCE ?
Si ton entreprise cesse définitivement d’activité, tu peux demander à rouvrir des droits ARE en tant que créateur d’entreprise. France Travail examine ta situation et peut te verser les 40 % de droits non perçus via l’ARCE, sous conditions. Ce n’est pas automatique — chaque situation est étudiée individuellement.
L’ARCE et le maintien mensuel de l’ARE sont-ils cumulables ?
Non. Ce sont deux options exclusives l’une de l’autre. En demandant l’ARCE, tu renonces au maintien mensuel de l’ARE pour les droits correspondants. Il faut choisir avant le début d’activité — tu ne peux pas changer d’avis une fois l’ARCE versée.
L’ARCE est-elle soumise à l’impôt sur le revenu ?
Oui. L’ARCE est soumise à l’impôt sur le revenu comme les allocations chômage classiques. Elle est également soumise à la CSG et à la CRDS. Seule la cotisation retraite spécifique de 3 % est prélevée directement par France Travail avant versement.
Peut-on demander l’ARCE pour une micro-entreprise ?
Oui, totalement. L’ARCE est accessible quelle que soit la forme juridique de l’entreprise créée : micro-entreprise, EURL, SASU, SARL… La micro-entreprise est même la forme la plus courante parmi les bénéficiaires de l’ARCE.
L’ARCE est-elle compatible avec le maintien partiel de l’ARE ?
Non. Si tu as opté pour l’ARCE, tu ne peux pas bénéficier du complément mensuel de l’ARE. Si tu n’as pas demandé l’ARCE, tu peux bénéficier du maintien partiel de l’ARE en parallèle de tes revenus d’entreprise, selon les règles de cumul habituelles de France Travail.

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