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Suivre @EvaapresecoleL’essentiel à retenir : contrairement à une idée reçue très répandue, la démission n’empêche pas toujours de toucher le chômage. Dans plusieurs cas précis reconnus par la loi, une démission est considérée comme « légitime » et ouvre droit aux allocations. Et depuis 2019, une nouvelle exception majeure existe pour les projets de reconversion.
C’est l’une des questions les plus tapées sur Google : « peut-on toucher le chômage après une démission ? » Et la réponse que beaucoup donnent — « non, jamais » — est fausse. En 2026, il existe plusieurs situations légales où démissionner ouvre droit à l’ARE. Ce guide te explique tout : les démissions légitimes reconnues par France Travail, la démission pour reconversion, et les alternatives si tu n’entres dans aucun de ces cas.
- Les démissions légitimes qui ouvrent droit au chômage
- La démission pour reconversion : la nouveauté de 2019
- Le réexamen après 4 mois : le recours méconnu
- Les alternatives à la démission pour garder ses droits
Les démissions légitimes qui ouvrent droit au chômage
France Travail reconnaît une liste de situations dans lesquelles une démission est considérée comme « légitime » — et ouvre donc droit aux allocations chômage.
Le suivi du conjoint
Si tu démissionnes pour suivre ton conjoint (marié, pacsé ou en concubinage) qui déménage pour des raisons professionnelles — mutation, nouvel emploi, création d’entreprise — ta démission est considérée comme légitime. Tu dois justifier du lien avec le déménagement du conjoint et de l’impossibilité de maintenir ton emploi actuel.
Le mariage ou le PACS
Si tu démissionnes dans les 2 mois qui suivent ton mariage ou ton PACS pour rejoindre ton nouveau lieu de vie commun — à condition que ce déménagement implique une distance incompatible avec ton emploi actuel — ta démission peut être considérée comme légitime.
France Travail reconnaît une vingtaine de situations de démissions légitimes. En voici les principales : suivi du conjoint · mariage ou PACS · violence conjugale · non-paiement du salaire · modification unilatérale du contrat · reprise d’emploi après licenciement · création ou reprise d’entreprise · démission d’un salarié en CDD pour un CDI.
La non-exécution par l’employeur de ses obligations
Si ton employeur ne respecte pas ses obligations contractuelles — non-paiement du salaire, modification unilatérale du contrat de travail, harcèlement moral ou sexuel avéré, manquement grave à la sécurité — et que tu démissionnes en conséquence, ta démission peut être reconnue comme légitime.
Dans ce cas, il est fortement conseillé de conserver des preuves (mails, courriers, fiches de paie, témoignages) et d’avoir préalablement mis l’employeur en demeure de respecter ses obligations.
La reprise d’emploi après licenciement ou rupture conventionnelle
Si tu as accepté un nouvel emploi après un licenciement ou une rupture conventionnelle, et que tu démissionnes de ce nouvel emploi dans les 91 jours suivant ta prise de poste, France Travail peut réouvrir tes droits antérieurs. C’est la règle du « rechargement des droits ».
Beaucoup de salariés ignorent que démissionner d’un emploi repris rapidement après un licenciement peut leur permettre de retrouver leurs anciens droits au chômage. Ne négligez pas cette règle avant de prendre votre décision.
La démission pour reconversion : la nouveauté de 2019
Depuis la loi « Avenir professionnel » de 2018, entrée en vigueur progressivement à partir de 2019, une nouvelle exception majeure existe : la démission pour projet de reconversion professionnelle.
Les conditions pour en bénéficier
Pour toucher le chômage après une démission pour reconversion, tu dois remplir trois conditions cumulatives :
1. Avoir au moins 5 ans d’ancienneté dans la même entreprise (pas dans la même branche — dans la même entreprise).
2. Avoir un projet de reconversion sérieux : soit un projet de formation (en vue d’un nouveau métier), soit un projet de création ou reprise d’entreprise.
3. Faire valider ton projet par une Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR) — appelée aussi « Transitions Pro » dans ta région — avant de démissionner.
5 ans d’ancienneté dans la même entreprise
Projet de reconversion ou création d’entreprise réel et sérieux
Comment faire valider son projet
Avant de démissionner, tu dois d’abord contacter un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) pour préparer ton dossier. Le CEP t’aide gratuitement à formaliser ton projet et à constituer le dossier à soumettre à la CPIR.
La CPIR dispose d’un délai de 2 mois pour rendre son avis. Si l’avis est favorable, tu peux démissionner et t’inscrire à France Travail dans les 6 mois suivants pour bénéficier de l’ARE.
Ne démissionne jamais avant d’avoir reçu l’avis favorable de la CPIR. Si tu démissionnes avant validation, tu perds le bénéfice du dispositif — et tu ne touches pas le chômage. L’ordre est : CEP → dossier CPIR → avis favorable → démission → inscription France Travail.
Les projets reconnus comme éligibles
Sont éligibles : les projets nécessitant une formation certifiante débouchant sur un métier différent, et les projets de création ou reprise d’entreprise nécessitant une formation préalable. Les projets flous ou sans formation associée sont généralement refusés — le dossier doit être solide et argumenté.
Le réexamen après 4 mois : le recours méconnu
Si ta démission ne correspond à aucun cas de démission légitime et que tu n’as pas pu accéder au dispositif reconversion, il existe encore une dernière option : le réexamen après 4 mois de chômage.
Comment ça fonctionne
Si tu t’inscris à France Travail après une démission ordinaire (sans droit aux allocations), et que tu peux justifier après 4 mois d’inscription de démarches actives de recherche d’emploi sans résultat, une instance de recours de France Travail peut réexaminer ta situation et décider de t’ouvrir des droits exceptionnels.
Ce n’est pas automatique — c’est une décision discrétionnaire prise au cas par cas. Mais c’est un recours qui existe et qui fonctionne dans certaines situations, notamment quand la démission était justifiée par des circonstances difficiles non reconnues dans la liste officielle.
Tu dois t’inscrire à France Travail dès ta démission, maintenir ton inscription active pendant 4 mois, effectuer des recherches d’emploi documentées, et demander explicitement un réexamen de ta situation à ton conseiller après 4 mois.
Les alternatives à la démission pour garder ses droits
Avant de démissionner, il vaut toujours mieux explorer les alternatives qui permettent de partir avec ses droits préservés.
La rupture conventionnelle : la voie royale
Si ton employeur accepte, la rupture conventionnelle est de loin la meilleure option. Tu pars avec une indemnité, tu gardes tes droits au chômage, et tu préserves la relation avec ton employeur. C’est souvent la solution à explorer en premier avant d’envisager la démission.
Le licenciement pour motif personnel
Si ta situation au travail est devenue intenable (harcèlement, manquements de l’employeur, modification unilatérale du contrat), tu peux mettre l’employeur en demeure de respecter ses obligations. S’il ne le fait pas, tu peux prendre acte de la rupture du contrat — ce qui est assimilé à un licenciement sans cause réelle et sérieuse si le juge le valide.
La prise d’acte permet de quitter l’entreprise immédiatement en imputant la rupture à l’employeur. Si les manquements sont reconnus par les prud’hommes, elle est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse — avec toutes les indemnités correspondantes. C’est une procédure risquée qui nécessite un dossier solide.
Le congé sans solde ou la disponibilité
Si tu as besoin de temps pour lancer un projet sans démissionner, tu peux négocier un congé sans solde avec ton employeur. Ce n’est pas un droit — c’est une négociation. Mais certains employeurs acceptent pour des profils clés qui ont besoin de souffler avant un nouveau départ.
Démissionner en touchant le chômage, c’est possible — mais ça demande de se trouver dans une situation reconnue ou de préparer sérieusement son dossier. La règle générale reste vraie : une démission ordinaire ne donne pas droit au chômage. Mais les exceptions sont nombreuses et méritent d’être explorées avant toute décision.
FAQ
Peut-on toucher le chômage après une démission ordinaire ?
En règle générale, non. Mais après 4 mois d’inscription à France Travail sans avoir retrouvé d’emploi, tu peux demander un réexamen de ta situation. France Travail peut alors décider de t’ouvrir des droits de manière exceptionnelle, au cas par cas.
Combien faut-il d’ancienneté pour la démission pour reconversion ?
Il faut au moins 5 ans d’ancienneté dans la même entreprise (pas dans la même branche). Cette condition est impérative et ne souffre d’aucune exception pour accéder au dispositif démission-reconversion.
Faut-il démissionner avant ou après la validation de la CPIR ?
Toujours après. La validation par la CPIR (Transitions Pro) est une condition préalable obligatoire. Démissionner avant d’avoir reçu l’avis favorable fait perdre tous les droits au chômage dans le cadre de ce dispositif.
La démission pour suivre son conjoint ouvre-t-elle vraiment droit au chômage ?
Oui, sous conditions. Tu dois pouvoir prouver que ton conjoint a déménagé pour des raisons professionnelles et que la distance rend impossible le maintien de ton emploi actuel. Les justificatifs sont importants : mutation du conjoint, nouveau bail, etc.
Quelle est la différence entre démission et rupture conventionnelle ?
La rupture conventionnelle est un accord amiable qui ouvre droit au chômage et donne droit à une indemnité. La démission est une décision unilatérale du salarié qui, en règle générale, ne donne droit ni au chômage ni à une indemnité. La rupture conventionnelle est presque toujours préférable si l’employeur accepte.

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