L’essentiel à retenir : la prime de partage de la valeur (PPV) est la successeure de la « prime Macron ». En 2026, elle peut atteindre 3 000 € exonérés de charges sociales (6 000 € si un accord d’intéressement est en place). Elle est facultative pour l’employeur — mais si elle est versée, elle suit des règles précises.
Tu as entendu parler de la « prime Macron » ou de la « prime de partage de la valeur » et tu veux savoir si tu peux en bénéficier ? En 2026, ce dispositif est bien encadré — mais il reste à la discrétion de l’employeur. Ce guide te explique tout ce qu’il faut savoir sur la prime de partage de la valeur en 2026 : conditions, montants, exonérations et comment l’obtenir.
- La prime de partage de la valeur : qu’est-ce que c’est ?
- Montants et exonérations : les chiffres clés 2026
- Les conditions pour en bénéficier
- Comment demander la prime à son employeur
La prime de partage de la valeur : qu’est-ce que c’est ?
La prime de partage de la valeur (PPV) est le dispositif qui a remplacé l’ancienne « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » — surnommée « prime Macron » — depuis la loi du 16 août 2022.
L’origine et l’évolution du dispositif
Créée pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés, la PPV est un mécanisme qui permet aux employeurs de verser une prime exonérée de charges sociales et, sous certaines conditions, d’impôt sur le revenu. Elle est reconduite et ajustée chaque année depuis 2019.
Depuis 2024, le dispositif est pérenne — il ne s’agit plus d’une mesure exceptionnelle mais d’un outil permanent de partage de la valeur dans les entreprises.
La prime de partage de la valeur est totalement facultative pour l’employeur. Aucune loi ne l’oblige à la verser. En revanche, si l’entreprise décide de la verser, elle doit respecter les règles d’attribution définies par la loi.
Qui décide de la verser ?
La PPV peut être mise en place par :
Un accord d’entreprise négocié avec les représentants du personnel ou un accord de branche.
Une décision unilatérale de l’employeur (DUE), après consultation du CSE si il en existe un. C’est la voie la plus courante dans les petites entreprises.
Montants et exonérations : les chiffres clés 2026
C’est le cœur du dispositif — les plafonds d’exonération déterminent l’intérêt réel de la prime pour le salarié.
Les plafonds d’exonération de charges sociales
Exonération de charges sociales jusqu’à 3 000 € par salarié et par an
Exonération de charges sociales jusqu’à 6 000 € par salarié et par an
Au-delà de ces plafonds, la prime est soumise aux cotisations sociales habituelles comme tout élément de salaire. L’employeur peut verser plus — mais sans avantage fiscal pour la partie excédentaire.
L’exonération d’impôt sur le revenu
Depuis 2024, les conditions d’exonération d’impôt sur le revenu ont évolué. En 2026 :
Pour les salariés dont la rémunération est inférieure à 3 fois le SMIC annuel (soit environ 64 000 € brut/an), la prime est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite des plafonds de charges.
Pour les salariés au-delà de ce seuil, la prime est exonérée de charges sociales mais soumise à l’impôt sur le revenu.
| Situation | Plafond exo charges | Exo impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Sans accord intéressement, salaire < 3 SMIC | 3 000 € | Oui, dans la limite du plafond |
| Avec accord intéressement, salaire < 3 SMIC | 6 000 € | Oui, dans la limite du plafond |
| Sans accord intéressement, salaire > 3 SMIC | 3 000 € | Non (imposable) |
| Avec accord intéressement, salaire > 3 SMIC | 6 000 € | Non (imposable) |
La PPV peut être versée en deux fois
Depuis 2023, l’employeur peut verser la PPV en deux versements distincts au cours d’une même année civile. Le plafond d’exonération global reste le même (3 000 € ou 6 000 €) — mais la flexibilité dans le calendrier de versement est accrue.
Les conditions pour en bénéficier
Tout salarié ne peut pas forcément bénéficier de la PPV dans les mêmes conditions.
Qui est éligible ?
La PPV peut être versée à tous les salariés liés par un contrat de travail (CDI, CDD, intérim, alternance, temps partiel) à la date de versement ou à la date de la décision de versement. Elle peut aussi bénéficier aux agents publics dans certains établissements.
L’employeur peut moduler le montant selon les salariés en fonction de critères objectifs : niveau de rémunération, classification conventionnelle, durée du travail (temps partiel), durée de présence effective dans l’année. Il ne peut pas verser des montants différents selon le sexe, l’origine ou d’autres critères discriminatoires.
L’employeur peut verser des montants différents selon les salariés — par exemple, une prime plus élevée pour les bas salaires. Il peut aussi exclure certaines catégories si un accord collectif le prévoit. En revanche, il ne peut pas ne verser la prime qu’à certains salariés choisis arbitrairement.
La PPV ne peut pas se substituer au salaire
C’est une règle fondamentale : la PPV ne peut pas remplacer une augmentation de salaire prévue par un accord collectif ou un usage habituel dans l’entreprise. Elle s’ajoute au salaire — elle ne s’y substitue pas.
Pas de condition d’ancienneté obligatoire
Contrairement à certains autres dispositifs, la PPV peut être versée sans condition d’ancienneté. Un salarié embauché la veille du versement peut en bénéficier — si l’accord ou la décision de l’employeur ne prévoit pas de condition d’ancienneté minimum.
Comment demander la prime à son employeur
La PPV est à l’initiative de l’employeur — mais rien ne t’empêche de l’évoquer lors d’une discussion salariale.
Comprendre pourquoi certains employeurs ne la versent pas
Beaucoup de petites entreprises ne versent pas la PPV faute d’en connaître les avantages fiscaux, par contraintes budgétaires ou par manque d’accord interne. Informer ton employeur de l’existence et des avantages du dispositif peut parfois suffire à déclencher une réflexion.
La PPV est avantageuse pour les deux parties : le salarié reçoit une prime avec peu ou pas de charges et d’impôts, et l’employeur bénéficie d’une exonération de charges patronales sur le montant versé. C’est un outil de fidélisation à coût réduit pour l’entreprise.
En parler lors d’un entretien ou d’une négociation salariale
Si tu es en négociation salariale, tu peux évoquer la PPV comme une alternative ou un complément à une augmentation de salaire. Formule-le ainsi : « Est-ce que vous envisagez de mettre en place la prime de partage de la valeur cette année ? C’est un dispositif avantageux pour les deux parties. »
Via les représentants du personnel
Si ton entreprise a un CSE ou des délégués syndicaux, ces instances peuvent négocier la mise en place d’un accord de PPV. C’est souvent le canal le plus efficace dans les entreprises de taille moyenne ou grande.
La prime de partage de la valeur est l’un des rares dispositifs où employeur et salarié ont tous les deux un intérêt fiscal fort. L’employeur paie moins de charges, le salarié reçoit plus net. C’est un argument solide à mettre sur la table dans n’importe quelle négociation salariale.
La PPV versée sur un plan d’épargne salariale
Depuis 2023, l’employeur peut proposer au salarié d’affecter tout ou partie de la PPV sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL). Dans ce cas, la prime est exonérée d’impôt sur le revenu quelle que soit la rémunération du salarié — sans limite de plafond de salaire. C’est l’option la plus avantageuse fiscalement.
La prime de partage de la valeur est un outil puissant — mais il appartient à l’employeur de décider de l’activer. En connaître les règles te permet de participer intelligemment à la discussion salariale et d’en tirer le maximum si elle est versée dans ton entreprise.
FAQ
La prime de partage de la valeur est-elle obligatoire en 2026 ?
Non. Elle est totalement facultative pour l’employeur. Aucune loi n’oblige une entreprise à verser la PPV. Certains secteurs ou entreprises peuvent cependant être soumis à des obligations par accord de branche.
Quel est le montant maximum de la PPV exonéré d’impôt en 2026 ?
Pour les salariés dont la rémunération est inférieure à 3 SMIC annuels, le maximum exonéré d’impôt sur le revenu est de 3 000 € sans accord d’intéressement et de 6 000 € avec accord d’intéressement.
La PPV est-elle soumise à la CSG et à la CRDS ?
Non, dans les limites des plafonds légaux. La PPV est exonérée de toutes les cotisations sociales (charges patronales et salariales, CSG, CRDS) dans la limite de 3 000 € ou 6 000 € selon la situation. Au-delà, les cotisations habituelles s’appliquent.
Un salarié en CDD peut-il recevoir la PPV ?
Oui. Tous les salariés titulaires d’un contrat de travail à la date de versement ou de décision sont éligibles — CDI, CDD, temps partiel, alternance et intérim. Le montant peut être modulé selon la durée du travail.
Peut-on refuser la prime de partage de la valeur ?
Oui. Un salarié peut refuser la PPV, notamment s’il préfère l’affecter à un plan d’épargne salariale pour bénéficier d’avantages fiscaux supplémentaires, ou tout simplement s’il ne souhaite pas la percevoir. Le refus doit être formalisé par écrit.

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