L’essentiel à retenir : le Compte Épargne Temps (CET) permet à un salarié d’accumuler des jours de congés non pris ou des éléments de rémunération pour les utiliser plus tard — sous forme de congés, de formation ou de complément de retraite. En 2026, il n’existe que si un accord d’entreprise ou de branche le prévoit — vérifier son contrat ou son accord collectif. Ce n’est pas un droit universel.
Jours de RTT non pris qui s’accumulent, heures supplémentaires non récupérées, primes qu’on voudrait transformer en temps libre — le Compte Épargne Temps est l’outil qui permet de gérer tout ça intelligemment. Encore faut-il comprendre comment il fonctionne. Ce guide t’explique tout sur le CET en 2026 : ce qu’on peut y mettre, comment l’utiliser et ce qui se passe quand on quitte l’entreprise.
- Le principe et la mise en place du CET
- Ce qu’on peut mettre dans son CET
- Comment utiliser son CET
Que devient le CET quand on quitte l’entreprise ?
Le principe et la mise en place du CET
Le CET n’est pas automatique — il faut d’abord vérifier s’il existe dans son entreprise.
Qu’est-ce que le Compte Épargne Temps ?
Le CET est un dispositif qui permet à un salarié de capitaliser du temps ou de l’argent — en y plaçant des jours de congés non pris, des heures supplémentaires, des primes ou d’autres éléments de rémunération — pour les utiliser ultérieurement selon des modalités définies par l’accord collectif qui l’encadre.
C’est en quelque sorte une « tirelire de temps et d’argent » : au lieu de prendre ses RTT cette année ou de toucher sa prime en décembre, le salarié les « épargne » dans le CET pour les utiliser plus tard — pour un congé sabbatique, une formation, un passage à temps partiel ou un départ anticipé à la retraite.
Le CET n’est pas un droit universel
C’est le point le plus important : le CET n’existe que si un accord collectif le prévoit — accord d’entreprise, accord de branche ou accord interprofessionnel. Il n’existe pas de CET légal automatique applicable à toutes les entreprises.
Pour savoir si ton entreprise dispose d’un CET : consulter son contrat de travail, demander au service RH, ou consulter l’accord d’entreprise disponible auprès des délégués syndicaux ou du CSE (Comité Social et Économique).
Le CET est beaucoup plus répandu dans les grandes entreprises et les groupes que dans les PME — qui n’ont souvent pas d’accord collectif pour le mettre en place. Les secteurs les plus concernés : banque et assurance, industrie, énergie, grandes enseignes de distribution, fonction publique hospitalière (avec ses propres règles). Si ton entreprise n’a pas de CET, il est possible de proposer sa création via les délégués syndicaux ou le CSE.
Le CET dans la fonction publique
Les agents de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière) bénéficient d’un CET avec des règles spécifiques fixées par décret. Les agents peuvent y placer jusqu’à 60 jours maximum et les utiliser sous forme de congés ou les « monétiser » au-delà d’un certain seuil selon les règles applicables à leur versant de la fonction publique.
Le CET est souvent sous-utilisé par les salariés qui ne comprennent pas bien ses mécanismes — ou qui ne savent même pas qu’il existe dans leur entreprise. Pourtant, pour un salarié qui accumule des RTT sans pouvoir les prendre, ou qui souhaite anticiper sa retraite, c’est l’un des outils les plus puissants à disposition. La première étape est toujours la même : vérifier si son entreprise en dispose.
Ce qu’on peut mettre dans son CET
Le contenu du CET dépend de l’accord collectif — mais certains éléments sont classiquement éligibles.
Les jours de congés et de repos
C’est l’alimentation la plus courante du CET :
Les RTT (jours de réduction du temps de travail) : les jours de RTT non pris peuvent être versés dans le CET — souvent dans la limite d’un certain nombre de jours par an (5 à 10 jours selon les accords). Les congés payés au-delà de 24 jours : la loi interdit de placer dans le CET les 24 premiers jours de congés payés légaux (le socle minimal). En revanche, les jours au-delà de 24 jours (5ème semaine et jours conventionnels supplémentaires) peuvent être épargnés. Les jours de repos compensateur : les heures supplémentaires récupérées sous forme de repos peuvent alimenter le CET au lieu d’être prises immédiatement. Les jours fériés non pris : dans certains accords, les jours fériés travaillés récupérés sous forme de repos peuvent être versés au CET.
Les éléments de rémunération
Certains accords permettent de placer dans le CET des éléments financiers — qui sont alors convertis en « jours » selon un taux de conversion défini par l’accord :
Les primes : prime d’ancienneté, prime de performance, 13ème mois… selon ce que prévoit l’accord. Les augmentations individuelles : certains accords permettent de placer tout ou partie d’une augmentation de salaire dans le CET. Les indemnités diverses : indemnités de déplacement non utilisées, frais professionnels…
L’intéressement et la participation : dans certains cas, les sommes issues de l’intéressement ou de la participation peuvent alimenter le CET au lieu d’être versées sur le PEE ou en espèces.
| Type d’alimentation | Fréquence classique | Plafond habituel par an |
|---|---|---|
| Jours de RTT non pris | En fin d’année ou en cours d’année | 5 à 10 jours |
| Congés payés (au-delà de 24j) | Avant la fin de la période de congés | 5 jours (5ème semaine) |
| Repos compensateurs (heures sup) | Au fil de l’eau | Variable selon accord |
| Primes | Lors du versement de la prime | Variable selon accord |
Comment utiliser son CET
Les droits accumulés dans le CET peuvent être utilisés de plusieurs façons — selon ce que prévoit l’accord.
Prendre un congé long
C’est l’utilisation la plus intuitive. Les jours accumulés dans le CET permettent de financer des congés plus longs que les congés payés ordinaires :
Congé sabbatique : utiliser son CET pour financer une longue période sans activité (voyage, projet personnel, repos). Congé parental d’éducation : compléter le congé parental légal avec des jours de CET pour rester plus longtemps avec son enfant. Congé de proche aidant : s’occuper d’un proche dépendant en utilisant ses droits CET. Congé de formation : financer une formation longue (CPF de transition, bilan de compétences…) en utilisant le CET pour maintenir un revenu pendant la période. Passage à temps partiel : utiliser les droits CET pour compenser la perte de revenus lors d’un passage à temps partiel choisi.
Anticiper sa retraite
C’est l’une des utilisations les plus stratégiques du CET. Les droits accumulés peuvent financer une cessation progressive ou totale d’activité avant l’âge légal de la retraite — permettant de « partir plus tôt » tout en continuant à percevoir un revenu.
Exemple : un salarié qui a accumulé 100 jours dans son CET peut partir 5 mois avant la date prévue de sa retraite tout en étant rémunéré grâce à ces droits. Cette utilisation est particulièrement précieuse pour les salariés en fin de carrière qui ont des emplois pénibles.
Monétiser ses droits CET
Dans certains accords, il est possible de convertir les droits CET en argent — pour les jours dépassant un certain seuil (souvent 20 jours). Cette monétisation est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu comme un salaire ordinaire.
Attention : la monétisation n’est pas toujours possible — elle dépend de ce que prévoit l’accord collectif. Certains accords interdisent la monétisation et n’autorisent que l’utilisation sous forme de temps.
Transférer vers un PER (Plan d’Épargne Retraite)
Depuis la loi Pacte (2019), il est possible de transférer les droits CET vers un Plan d’Épargne Retraite (PER) — dans la limite de 10 jours par an. Ce transfert bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu (dans la limite du plafond de déductibilité du PER). C’est une façon d’optimiser fiscalement ses droits CET tout en préparant sa retraite.
Congé sabbatique · Congé parental prolongé · Passage à temps partiel · Formation longue · Retraite anticipée · Transfert vers PER · Monétisation (si accord)
Le salarié maintient son contrat de travail · Il perçoit sa rémunération habituelle (ou un équivalent) · Il continue à acquérir des droits à la retraite · Il conserve sa mutuelle d’entreprise
Que devient le CET quand on quitte l’entreprise ?
C’est souvent la question la plus pratique — et la moins bien connue.
En cas de rupture du contrat de travail
Quand un salarié quitte l’entreprise (démission, licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD…) avec des droits CET non utilisés, plusieurs scénarios sont possibles selon l’accord collectif :
Indemnisation en espèces : l’option la plus courante. Les droits CET sont convertis en indemnité versée au salarié lors de son départ. Cette indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Transfert vers le nouvel employeur : si le nouvel employeur dispose également d’un CET, il est parfois possible de transférer les droits accumulés — mais cela nécessite l’accord des deux employeurs et que les deux CET soient compatibles. Transfert vers un organisme gestionnaire : dans certains grands groupes, le CET est géré par un organisme externe (assureur, banque) qui peut maintenir le compte même après le départ.
Lors d’une négociation de rupture conventionnelle, les droits CET sont un élément à intégrer dans la négociation globale. Deux options possibles : utiliser les jours CET pendant la période de préavis (pour partir plus tôt), ou les faire indemniser en espèces lors du solde de tout compte. L’indemnisation en espèces lors du départ est soumise aux cotisations et à l’IR — contrairement aux jours pris sous forme de congés qui sont exonérés de charges.
En cas de décès du salarié
Les droits CET non utilisés au décès du salarié sont convertis en indemnité et versés aux ayants droit (conjoint, héritiers légaux) dans le cadre de la succession. Ces sommes font partie de l’actif successoral et sont imposées selon les règles normales des successions.
Garder un oeil sur son solde CET
Les droits CET apparaissent généralement sur le bulletin de paie ou sur un relevé annuel fourni par le service RH. Il est conseillé de vérifier régulièrement son solde et de planifier l’utilisation de ces droits — notamment si l’accord prévoit un plafond de jours accumulables (souvent 60 à 120 jours dans les grandes entreprises).
Le Compte Épargne Temps est un outil de gestion de carrière puissant — mais il faut d’abord savoir s’il existe dans son entreprise, comprendre ce qu’on peut y mettre et anticiper comment on veut l’utiliser. Vérifier l’accord collectif applicable, alimenter son CET de façon régulière et planifier son utilisation des années à l’avance : c’est la façon de transformer cet outil méconnu en vrai levier de liberté professionnelle.
FAQ
Le CET est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. Le CET n’est mis en place que si un accord collectif (d’entreprise, de groupe ou de branche) le prévoit. Il n’existe pas de CET légal universel obligatoire pour tous les employeurs. Pour savoir si ton entreprise en dispose, interroge ton service RH ou consulte les accords collectifs en vigueur.
Peut-on perdre ses droits CET si on ne les utilise pas ?
En principe non — les droits accumulés dans le CET ne se « périment » pas. Ils restent acquis jusqu’à leur utilisation ou jusqu’au départ de l’entreprise. Exception : si l’accord prévoit un plafond de jours accumulables, les jours dépassant ce plafond peuvent être automatiquement indemnisés ou perdus selon les termes de l’accord.
Les jours de congés dans le CET sont-ils rémunérés ?
Oui. Pendant les congés pris via le CET, le salarié perçoit une rémunération calculée sur la base de son salaire habituel au moment de la prise du congé — pas au moment où les jours ont été placés dans le CET. Si le salaire a augmenté entre l’alimentation et l’utilisation, c’est le salaire au moment de l’utilisation qui sert de base.
Le CET est-il soumis à des charges sociales ?
Tout dépend de la forme d’utilisation. Les jours pris sous forme de congés sont traités comme du salaire ordinaire — soumis aux cotisations sociales et à l’IR. Les transferts vers un PER (dans la limite de 10 jours/an) bénéficient d’une exonération d’IR dans les limites légales. La monétisation est soumise aux cotisations et à l’IR comme un salaire.
Peut-on ouvrir un CET dans une TPE ou une startup ?
Oui, si l’entreprise met en place un accord collectif le prévoyant — même dans les petites structures. Dans les entreprises sans délégués syndicaux, un accord peut être conclu avec le CSE ou par référendum auprès des salariés. La mise en place d’un CET dans une petite entreprise est plus rare mais tout à fait légalement possible.

Je parle de business et d’entrepreneuriat avec des conseils clairs, concrets et actionnables pour réussir






