L’essentiel à retenir : l’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’une Entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales pendant 12 mois lors de la création ou reprise d’une entreprise. En 2026, elle est accessible sous conditions et donne droit à des taux de cotisations réduits de 50 % environ pendant la première année. Pour les micro-entrepreneurs, les taux sont divisés par deux pendant 3 trimestres.
Créer son entreprise, c’est souvent jongler avec des ressources limitées les premiers mois. L’ACRE est précisément conçue pour alléger cette période — en réduisant les charges sociales dues pendant la première année d’activité. Ce guide te explique tout sur l’ACRE en 2026 : qui peut en bénéficier, combien ça allège les charges et comment faire la demande.
- Les conditions pour bénéficier de l’ACRE
- Les taux réduits et ce que ça représente concrètement
- L’ACRE spécifique au micro-entrepreneur
- Comment faire la demande d’ACRE
Les conditions pour bénéficier de l’ACRE
L’ACRE n’est pas automatique — elle est soumise à des conditions précises de situation.
Qui peut demander l’ACRE ?
L’ACRE est accessible aux personnes qui créent ou reprennent une entreprise ET qui appartiennent à l’une des catégories suivantes :
Demandeur d’emploi : indemnisé par l’ARE (allocation chômage) ou susceptible de l’être (ayant des droits ouverts), ou inscrit à France Travail depuis plus de 6 mois dans les 18 derniers mois. Bénéficiaire du RSA : ou conjoint/partenaire d’un bénéficiaire du RSA. Jeune de 18 à 25 ans : même non demandeur d’emploi. Jeune de 26 à 29 ans reconnu handicapé. Personne en situation de handicap sans condition d’âge. Salarié repreneurs : salarié ou licencié économique qui reprend une entreprise en difficulté. Bénéficiaire de la prime d’activité. Créateur en ZRR ou QPV : personne créant une entreprise dans une Zone de Revitalisation Rurale ou un Quartier Prioritaire de la Ville.
Depuis 2020, l’ACRE n’est plus automatique pour tous les micro-entrepreneurs. Les micro-entrepreneurs doivent appartenir à l’une des catégories éligibles listées ci-dessus pour en bénéficier. Un micro-entrepreneur qui ne remplit pas ces critères n’a plus droit à l’ACRE — contrairement à ce qui était le cas avant 2020 où elle était universelle.
La condition de non-exercice d’activité indépendante récente
Pour bénéficier de l’ACRE, le créateur ne doit pas avoir bénéficié de l’ACRE dans les 3 années précédentes. Un entrepreneur qui a créé une première entreprise en 2023 avec l’ACRE ne peut pas en bénéficier à nouveau pour une création en 2025 — il doit attendre 2026. Cette règle limite les utilisations répétées du dispositif.
Les formes juridiques éligibles
L’ACRE s’applique à toutes les formes de création ou reprise d’entreprise : micro-entreprise (auto-entreprise), EURL, SASU, SARL, SAS, entreprise individuelle au régime réel. Création ou reprise — les deux sont éligibles à l’ACRE dans les mêmes conditions.
L’ACRE est souvent perçue comme une aide « pour les chômeurs qui se lancent ». C’est vrai en partie — mais les jeunes de moins de 26 ans y ont droit sans condition de statut, ce qui en fait un levier très accessible pour les étudiants ou les jeunes diplômés qui créent leur première activité. Pour eux, c’est une façon de démarrer avec des charges sociales allégées pendant la première année — ce qui peut faire la différence entre une activité rentable et une activité déficitaire au démarrage.
Les taux réduits et ce que ça représente concrètement
L’ACRE réduit les cotisations sociales dues — le niveau de réduction dépend du statut et des revenus.
L’exonération pour les entreprises au régime réel
Pour les créateurs d’entreprise soumis au régime réel (EURL, SASU, entreprise individuelle au réel…), l’ACRE exonère partiellement des cotisations sociales personnelles obligatoires pendant 12 mois à compter du début d’activité.
L’exonération est totale pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS (environ 32 697 € en 2026) et dégressive pour les revenus compris entre 75 % et 100 % du PASS. Au-delà de 100 % du PASS, l’exonération ne s’applique plus.
| Revenu annuel | Niveau d’exonération ACRE | Cotisations dues |
|---|---|---|
| Inférieur à 32 697 € (75 % PASS) | Exonération totale | ~0 % (sauf CSG/CRDS et formation pro) |
| Entre 32 697 € et 43 596 € (100 % PASS) | Exonération dégressive | Partielle selon le niveau exact |
| Supérieur à 43 596 € (100 % PASS) | Pas d’exonération ACRE | Taux normal (~45 %) |
Ce que l’ACRE ne couvre pas
Même avec l’ACRE, certaines cotisations restent dues :
La CSG et CRDS (9,7 % sur les revenus professionnels). La cotisation à la formation professionnelle. Les cotisations minimales de retraite (si les revenus sont très faibles). L’ACRE n’exonère pas de TVA — si l’activité est soumise à TVA, elle continue d’être collectée et reversée normalement.
Exemple chiffré pour un entrepreneur individuel au réel
Sans ACRE :
Cotisations sociales TNS (~45 %) : 13 500 €
Revenu net avant IR : 16 500 €
Avec ACRE (revenu < 75 % PASS) :
Cotisations sociales exonérées : ~0 € (hors CSG/CRDS)
CSG/CRDS (~9,7 %) : ~2 910 €
Revenu net avant IR : ~27 090 €
Économie grâce à l’ACRE : ~10 590 € la première année
L’ACRE spécifique au micro-entrepreneur
Pour les micro-entrepreneurs, l’ACRE fonctionne différemment — avec un mécanisme simplifié.
Des taux de cotisations divisés par deux
Pour un micro-entrepreneur éligible à l’ACRE, les taux de cotisations sociales forfaitaires sont réduits de 50 % pendant les 4 premiers trimestres civils d’activité (soit environ 12 mois).
| Type d’activité | Taux normal | Taux avec ACRE (÷ 2) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | ~6,2 % |
| Prestations de services (BIC) | 21,2 % | ~10,6 % |
| Activités libérales (BNC) | 21,1 % | ~10,6 % |
| Professions libérales réglementées (CIPAV) | 21,2 % | ~10,6 % |
Un exemple concret pour un micro-entrepreneur
Sans ACRE :
Cotisations sociales (21,2 %) : 636 €/mois
Avec ACRE :
Cotisations sociales (~10,6 %) : 318 €/mois
Économie mensuelle : 318 €
Économie sur 12 mois : ~3 816 €
Comment faire la demande d’ACRE
La procédure varie selon le statut juridique choisi.
Pour les micro-entrepreneurs
La demande d’ACRE pour un micro-entrepreneur se fait au moment de la création de la micro-entreprise — via le guichet unique des formalités d’entreprise sur formalites.entreprises.gouv.fr. Une case dédiée « Demande d’ACRE » est à cocher lors de l’inscription. La demande peut aussi être soumise dans les 45 jours suivant la création — via le même guichet ou directement auprès de l’URSSAF.
Pour les autres formes juridiques
Pour les EURL, SASU, SARL et autres entreprises au régime réel, la demande d’ACRE se fait :
En même temps que la création de l’entreprise — via le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr. Ou dans les 45 jours suivant le début d’activité — par formulaire spécifique adressé à l’URSSAF (pour les TNS) ou à France Travail (pour certains demandeurs d’emploi créateurs). Pièces justificatives à joindre : selon la catégorie d’éligibilité — attestation d’inscription France Travail, justificatif RSA, justificatif d’âge…
| Statut | Où faire la demande | Délai maximum |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | formalites.entreprises.gouv.fr lors de la création | 45 jours après la création |
| EURL / SASU (gérant TNS) | URSSAF via guichet unique | 45 jours après le début d’activité |
| Demandeur d’emploi | France Travail + URSSAF | Avant ou au moment de la création |
La réponse et le délai de traitement
L’URSSAF a 1 mois pour accepter ou refuser la demande d’ACRE. En l’absence de réponse dans ce délai, l’ACRE est considérée comme accordée. En cas de refus, l’URSSAF doit motiver sa décision — le créateur peut contester dans les 2 mois suivant la notification.
L’ACRE (exonération de charges sociales) et l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise — capitalisation des droits chômage) sont deux dispositifs différents mais cumulables. L’ACRE réduit les charges sociales la première année. L’ARCE verse 60 % des droits chômage restants en capital pour financer le démarrage. Un demandeur d’emploi qui crée son entreprise peut bénéficier des deux simultanément — c’est l’une des combinaisons les plus avantageuses qui existent pour se lancer.
L’ACRE est l’un des outils les plus puissants pour démarrer son activité indépendante dans de bonnes conditions financières. Vérifier son éligibilité avant la création, faire la demande dans les 45 jours et profiter de la première année avec des charges réduites pour consolider son activité : ces trois étapes maximisent l’impact de l’ACRE sur le développement de l’entreprise.
FAQ
L’ACRE est-elle automatique ou faut-il la demander ?
Il faut la demander — elle n’est pas accordée automatiquement. La demande doit être faite lors de la création de l’entreprise ou dans les 45 jours suivant le début d’activité. Passé ce délai, l’ACRE ne peut plus être demandée — même si les conditions d’éligibilité sont remplies.
L’ACRE affecte-t-elle les droits à la retraite ?
Partiellement. Pendant la période d’exonération ACRE, les cotisations retraite étant réduites ou nulles, les droits à la retraite accumulés sont moindres qu’en activité normale. Pour les revenus très faibles, des cotisations minimales peuvent être appliquées pour garantir un minimum de droits à la retraite. C’est un aspect à prendre en compte dans la planification à long terme.
Peut-on bénéficier de l’ACRE et continuer à toucher le chômage ?
Oui, sous conditions. Un demandeur d’emploi qui crée son entreprise peut maintenir une partie de ses allocations ARE pendant la période de démarrage (dispositif de cumul ARE + revenus d’activité), tout en bénéficiant de l’ACRE pour les charges sociales. Les deux dispositifs sont cumulables — c’est l’une des situations les plus favorables pour créer son entreprise.
L’ACRE s’applique-t-elle aussi à la reprise d’entreprise ?
Oui. La reprise d’une entreprise existante (rachat de fonds de commerce, de parts sociales…) donne les mêmes droits à l’ACRE que la création, sous les mêmes conditions d’éligibilité. La condition est d’exercer effectivement le contrôle de l’entreprise reprise (être dirigeant majoritaire ou avoir au moins 1/3 du capital dans certains cas).
L’ACRE est-elle cumulable avec d’autres aides à la création ?
Oui, avec plusieurs dispositifs : l’ARCE (capitalisation des droits chômage), le NACRE (accompagnement et prêt à taux zéro pour certains publics), les aides régionales à la création d’entreprise, les aides des collectivités locales. Certaines aides locales sont conditionnées à l’obtention de l’ACRE — vérifier les dispositifs disponibles dans sa région avant de créer.

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