L’essentiel à retenir : toute heure travaillée au-delà de 35 heures par semaine est une heure supplémentaire. Elle doit être majorée d’au moins 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires et 50 % au-delà. En 2026, les heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an — une exonération qui les rend particulièrement avantageuses.
Tu restes plus tard que prévu, tu viens un samedi, tu dépasses régulièrement les 35 heures — est-ce qu’on te paie correctement ? Les règles sur les heures supplémentaires sont précises, mais souvent mal appliquées ou mal comprises. Ce guide t’explique tout sur les heures supplémentaires en 2026 : comment elles se décomptent, comment elles sont majorées, quand elles peuvent être récupérées en repos et ce que tu peux faire si ton employeur ne les paye pas.
- Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire ?
- Les taux de majoration : combien tu dois toucher
- L’exonération fiscale des heures supplémentaires
- Le repos compensateur : l’alternative au paiement
Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire ?
La définition semble simple — mais la réalité est plus complexe selon la durée de travail contractuelle.
Le seuil légal : 35 heures par semaine
La durée légale du travail en France est de 35 heures par semaine. Toute heure effectuée au-delà de ce seuil et à la demande de l’employeur — explicitement ou implicitement — est une heure supplémentaire. L’heure supplémentaire se déclenche donc à partir de la 36ème heure hebdomadaire.
Important : la durée légale de 35 heures est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires — pas une durée maximale. La durée maximale hebdomadaire est fixée à 48 heures (ou 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives).
Les salariés à temps partiel
Pour un salarié à temps partiel dont le contrat prévoit 28 heures par semaine, les heures au-delà de 28 heures et jusqu’à 35 heures ne sont pas des heures supplémentaires — ce sont des heures complémentaires, soumises à des règles différentes (majorées de 10 % jusqu’à 1/10e de la durée contractuelle, puis 25 % au-delà). Les heures supplémentaires ne commencent qu’à partir de la 36ème heure, même pour un temps partiel.
La notion d’ordre de l’employeur
Une heure supplémentaire doit être effectuée à la demande ou avec l’accord de l’employeur — explicite ou implicite. Un salarié qui reste volontairement travailler plus tard sans y être invité ne peut pas exiger le paiement d’heures supplémentaires. En revanche, si l’employeur sait que le salarié fait des heures supplémentaires et ne s’y oppose pas, cela suffit à caractériser l’accord implicite.
Les cadres soumis à une convention de forfait en jours ne sont pas soumis à la durée légale hebdomadaire de 35 heures — ils sont rémunérés sur la base d’un nombre de jours travaillés par an (généralement 218 jours). La notion d’heures supplémentaires ne s’applique pas aux cadres en forfait-jours. En contrepartie, ils bénéficient généralement de jours de RTT supplémentaires.
Les heures supplémentaires « non déclarées » sont une réalité fréquente en France — beaucoup de salariés font régulièrement des heures au-delà de 35 heures sans les voir comptabilisées ni rémunérées. C’est illégal, et les prud’hommes reçoivent chaque année des milliers de demandes en paiement d’heures supplémentaires non réglées. Tenir soi-même un décompte de ses heures est la première précaution à prendre.
Les taux de majoration : combien tu dois toucher
Les heures supplémentaires ne sont pas payées au même taux que les heures normales — elles sont majorées.
Les taux légaux de majoration
La loi fixe des taux minimaux de majoration qui s’appliquent en l’absence de dispositions conventionnelles plus favorables :
| Heures supplémentaires | Taux de majoration légal minimum |
|---|---|
| De la 36ème à la 43ème heure (8 premières HS) | + 25 % |
| À partir de la 44ème heure | + 50 % |
Ces taux peuvent être modifiés par accord de branche ou d’entreprise, mais le minimum légal absolu est de 10 % par heure supplémentaire (plancher indépassable, même par accord). En pratique, la majorité des conventions collectives maintiennent les taux de 25 % et 50 %.
Exemple de calcul concret
Semaine à 42 heures travaillées :
35 h normales × 14 € = 490 €
7 h supplémentaires (36ème à 42ème) × 14 € × 1,25 = 122,50 €
Total de la semaine = 612,50 € au lieu de 588 € sans majoration
Semaine à 46 heures :
35 h normales × 14 € = 490 €
8 h supp à +25 % (36ème→43ème) × 14 × 1,25 = 140 €
3 h supp à +50 % (44ème→46ème) × 14 × 1,50 = 63 €
Total = 693 € au lieu de 644 € sans majoration
Le contingent annuel d’heures supplémentaires
La loi fixe un contingent annuel d’heures supplémentaires de 220 heures par salarié et par an (sauf accord de branche qui peut le modifier). Au-delà de ce contingent, l’employeur peut encore faire faire des heures supplémentaires, mais uniquement après avis du CSE et avec versement d’une contrepartie obligatoire en repos (COR) de 50 % des heures dépassant le contingent (100 % dans les entreprises de plus de 20 salariés).
L’exonération fiscale des heures supplémentaires
C’est l’avantage le plus important — et le moins bien connu — des heures supplémentaires en 2026.
L’exonération d’impôt sur le revenu
Depuis la loi TEPA de 2007, renforcée en 2018, les rémunérations perçues au titre des heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an. Au-delà de ce plafond, la partie excédentaire est imposée normalement.
Concrètement, pour un salarié au taux marginal d’imposition de 30 % qui perçoit 3 000 € d’heures supplémentaires dans l’année, l’exonération lui économise 900 € d’impôt. C’est un avantage fiscal très concret, surtout pour les salariés qui font beaucoup d’heures supplémentaires.
Pour un salarié à 30 % d’imposition : économie de 2 250 € d’IR si les heures sup atteignent le plafond
Les heures supplémentaires bénéficient aussi d’une réduction de cotisations salariales de 11,31 % dans la limite de 7 500 € nets/an
Comment apparaissent les heures supplémentaires sur la fiche de paie
Sur le bulletin de salaire, les heures supplémentaires doivent apparaître distinctement — avec le nombre d’heures, le taux de majoration appliqué et le montant correspondant. La réduction de cotisations salariales apparaît sous la forme d’une ligne déductible spécifique. Si les heures supplémentaires n’apparaissent pas sur ta fiche de paie alors que tu en fais, c’est une anomalie à signaler.
Le repos compensateur : l’alternative au paiement
Les heures supplémentaires ne sont pas forcément payées — elles peuvent aussi être récupérées sous forme de repos.
Le repos compensateur de remplacement (RCR)
Par accord collectif ou avec l’accord du salarié, les heures supplémentaires peuvent être remplacées par un repos compensateur de remplacement au lieu d’être payées. La durée du repos est au moins égale au montant majoré dû : une heure supplémentaire à +25 % donne droit à 1h15 de repos.
Avantage : plus de temps libre, et les heures récupérées en repos n’entrent pas dans le contingent annuel d’heures supplémentaires. Condition : le salarié doit être informé et donner son accord — un employeur ne peut pas imposer unilatéralement le repos à la place du paiement.
La contrepartie obligatoire en repos (COR)
Quand les heures supplémentaires dépassent le contingent annuel de 220 heures, les heures au-delà ouvrent droit à une contrepartie obligatoire en repos en plus du paiement majoré :
| Taille de l’entreprise | COR pour chaque heure dépassant le contingent |
|---|---|
| 20 salariés et moins | 50 % de l’heure supplémentaire |
| Plus de 20 salariés | 100 % de l’heure supplémentaire |
Comment prendre son repos compensateur
Le droit au repos compensateur doit être utilisé dans un délai de 2 mois suivant l’ouverture du droit (sauf accord collectif différent). Le salarié peut demander à prendre ce repos quand il le souhaite — l’employeur peut le reporter de maximum 1 mois pour des raisons d’organisation mais ne peut pas le refuser indéfiniment. Si le repos n’est pas pris, l’employeur doit le payer.
1. Rassemble les preuves : emails tardifs, badgages, témoignages, relevés de pointage…
2. Adresse une demande écrite à ton RH ou manager
3. Si pas de réponse : contacte l’inspection du travail
4. En dernier recours : saisie des prud’hommes — le délai de prescription est de 3 ans pour les rappels de salaire
Les heures supplémentaires sont un droit précisément encadré — et l’exonération fiscale en 2026 les rend particulièrement avantageuses. Connaître les règles, décompter ses heures et vérifier sa fiche de paie sont les trois réflexes qui permettent d’être sûr d’être payé correctement.
FAQ
Mon employeur peut-il m’imposer des heures supplémentaires ?
Oui, dans la limite du contingent légal de 220 heures par an et des durées maximales hebdomadaires (48 heures absolues, 44 heures en moyenne sur 12 semaines). Tu ne peux pas refuser les heures supplémentaires demandées par l’employeur dans ces limites — sauf motif légitime (raisons médicales, garde d’enfant incompatible…).
Les heures supplémentaires sont-elles comptées par semaine ou par mois ?
Par semaine civile (du lundi 0h au dimanche 24h) dans le régime légal de droit commun. Certains accords de modulation prévoient un décompte sur une période plus longue (annualisation). Vérifie ton accord d’entreprise ou ta convention collective pour savoir quel mode de décompte s’applique à toi.
Le plafond de 7 500 € d’exonération IR s’applique-t-il à tous les salariés ?
Oui, quel que soit le secteur, la taille de l’entreprise ou le niveau de salaire. La seule limite est le plafond de 7 500 € nets annuels — au-delà, les heures supplémentaires sont imposées normalement. Pour la grande majorité des salariés qui font des heures supplémentaires, ce plafond n’est jamais atteint.
Un salarié au forfait-jours a-t-il des heures supplémentaires ?
Non. Les cadres en convention de forfait en jours ne sont pas soumis à la durée légale hebdomadaire — la notion d’heure supplémentaire ne s’applique pas à eux. En contrepartie, ils bénéficient de jours de RTT et d’une rémunération censée intégrer l’amplitude de leur temps de travail.
Peut-on se faire payer des heures supplémentaires non déclarées des années passées ?
Oui, avec un délai de prescription de 3 ans pour les rappels de salaire. Si tu peux prouver que tu as effectué des heures supplémentaires non payées au cours des 3 dernières années, tu peux saisir les prud’hommes pour en obtenir le paiement. La preuve peut être apportée par tout moyen : emails, témoignages, relevés de badgeage, agenda professionnel…

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