Micro-entreprise : seuils de chiffre d’affaires 2026 et ce qui change si tu les dépasses

Eva Martin

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Micro-entreprise seuil chiffre d’affaires 2026 : plafonds et conséquences






L’essentiel à retenir : en 2026, le régime de la micro-entreprise est accessible jusqu’à 188 700 € de CA annuel pour les activités de vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services. Des seuils de franchise de TVA s’appliquent en dessous. Dépasser ces plafonds deux années consécutives fait sortir automatiquement du régime micro — avec des conséquences importantes à anticiper.


La micro-entreprise est le régime préféré des indépendants débutants — simple, rapide à créer, fiscalement accessible. Mais ses plafonds de chiffre d’affaires sont souvent mal connus, et les conséquences d’un dépassement mal anticipées. Ce guide te donne tout ce qu’il faut savoir sur les seuils de CA de la micro-entreprise en 2026 : les plafonds exacts, les seuils de TVA, et ce qui se passe quand on les dépasse.




  1. Les plafonds de CA du régime micro en 2026

  2. Les seuils de franchise de TVA

  3. Ce qui se passe quand on dépasse les plafonds

  4. Anticiper et optimiser autour des plafonds



Les plafonds de CA du régime micro en 2026



Les seuils sont révisés tous les 3 ans par décret — voici ceux applicables en 2026.



Les deux plafonds principaux selon l’activité





























Type d’activité Plafond CA annuel 2026 Exemples d’activités
Vente de marchandises, fourniture de logement (BIC achat-revente) 188 700 € Commerce en ligne, vente de produits, locations meublées, chambres d’hôtes
Prestations de services (BIC ou BNC) 77 700 € Consultant, freelance, artisan, développeur, graphiste, coach, formateur
Activités mixtes (vente + services) 188 700 € global dont max 77 700 € en services Artisan qui vend des produits ET propose des prestations



Comment est calculé le CA pour le plafond ?



Le chiffre d’affaires pris en compte pour le plafond est le CA encaissé dans l’année civile (1er janvier au 31 décembre) — pas le CA facturé. En micro-entreprise, la comptabilité est en encaissements/décaissements : ce qui compte, c’est la date à laquelle tu reçois le paiement, pas la date de la facture.



Exemple : une facture émise le 28 décembre 2026 mais payée le 5 janvier 2027 sera comptabilisée dans le CA 2027, pas 2026. Cette distinction peut avoir de l’importance en fin d’année quand on approche du plafond.




Activité mixte : comment calculer le plafond ?

Pour une activité mixte (ex : artisan qui vend des produits et des services), la règle est double : le CA total ne doit pas dépasser 188 700 €, ET la part « services » ne doit pas dépasser 77 700 €. Les deux conditions doivent être respectées simultanément. Exemple : un artisan avec 120 000 € de ventes et 60 000 € de prestations = 180 000 € total (OK) mais 60 000 € de services (OK aussi) — il reste en régime micro.




Proratisation en année de création



L’année de création de la micro-entreprise, les plafonds sont proratisés au nombre de jours d’activité. Si tu crées ton activité le 1er juillet 2026, tu n’as droit qu’à 6 mois de plafond :

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Pour les services : 77 700 € × (184 jours / 365) = environ 39 167 €. Pour la vente : 188 700 € × (184 jours / 365) = environ 95 138 €.



Le régime micro est souvent vu comme un régime « pour les petits » — c’est vrai sur le plan de la simplicité comptable, mais avec 188 700 € de CA pour la vente et 77 700 € pour les services, il couvre en réalité la grande majorité des indépendants. La question n’est pas « vais-je dépasser ? » mais « si je dépasse, suis-je prêt ? »


Les seuils de franchise de TVA



Souvent confondus avec les plafonds du régime micro, les seuils de TVA sont distincts — et inférieurs.



Les deux niveaux de seuils TVA en 2026





























Activité Seuil de franchise de base Seuil majoré (tolérance)
Vente de marchandises 91 900 € 101 000 €
Prestations de services 36 800 € 39 100 €
Avocats, auteurs, artistes-interprètes 47 700 € 58 600 €



Comment fonctionne la franchise de TVA ?



Tant que ton CA reste sous le seuil de franchise de base, tu ne factures pas de TVA à tes clients — tu mentionnes sur tes factures « TVA non applicable — article 293 B du CGI ». Tu ne collectes pas de TVA, tu n’en déclares pas, et tu ne peux pas non plus déduire la TVA sur tes achats professionnels.



Le seuil majoré est une tolérance : si tu dépasses le seuil de base mais restes sous le seuil majoré, tu peux rester en franchise de TVA jusqu’à la fin de l’année civile en cours. Si tu dépasses le seuil majoré, tu dois facturer la TVA dès le 1er jour du mois suivant le dépassement.





Avantage de la franchise TVA

Prix compétitifs pour les clients non assujettis à la TVA (particuliers) · Facturation plus simple · Pas de déclaration TVA périodique




Inconvénient de la franchise TVA

Pas de récupération de TVA sur les achats pros · Prix moins compétitifs pour les clients professionnels assujettis · Passage à la TVA brutal si dépassement non anticipé





Opter volontairement pour la TVA



Un micro-entrepreneur peut choisir volontairement d’être assujetti à la TVA même sous les seuils. C’est intéressant quand :



Tes clients sont principalement des professionnels assujettis (ils récupèrent la TVA — le prix HT reste le même pour eux). Tu as des investissements importants à déduire en TVA. Tu prévois de dépasser rapidement les seuils et veux éviter une transition brutale.



Ce qui se passe quand on dépasse les plafonds



C’est la question que beaucoup de micro-entrepreneurs se posent trop tard.



Le dépassement ponctuel : une tolérance existe



Le régime de la micro-entreprise n’est pas perdu dès le premier euro de dépassement. La règle est la suivante :



Dépassement une seule année : tu restes en régime micro pour cette année-là. Si l’année suivante ton CA repasse sous le plafond, tu continues en micro. Dépassement deux années consécutives : tu bascules automatiquement au régime réel simplifié (ou réel normal) à partir du 1er janvier de la troisième année. Tu reçois un courrier de l’administration fiscale pour t’en informer.

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Situation Conséquence
CA 2025 sous plafond, CA 2026 dépasse Reste en micro en 2026, reste en micro en 2027 si CA 2026 était le seul dépassement
CA 2025 dépasse, CA 2026 dépasse aussi Sortie du régime micro au 1er janvier 2027
CA 2025 dépasse, CA 2026 repasse sous le plafond Reste en micro — le dépassement de 2025 est « effacé »



Ce que change la sortie du régime micro



Basculer au régime réel simplifié implique des changements significatifs :



Comptabilité : obligation de tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat) — généralement avec un expert-comptable. Déclarations fiscales : liasse fiscale annuelle, déclarations TVA périodiques (mensuelles ou trimestrielles). Cotisations sociales : passage du régime SSI simplifié au régime TNS standard — avec des cotisations calculées différemment. Charges déductibles : l’avantage majeur — au régime réel, toutes les charges professionnelles sont déductibles (loyer pro, matériel, logiciels, frais de déplacement, salaires…), contrairement à la micro où seul l’abattement forfaitaire s’applique.




Régime réel : parfois plus avantageux que le micro

Si tes charges professionnelles représentent plus de l’abattement micro (50 % pour les services, 71 % pour la vente), le régime réel peut être fiscalement plus avantageux même en dessous des plafonds. Un indépendant qui génère 60 000 € de CA avec 35 000 € de charges réelles paiera moins d’impôts au réel qu’en micro. Consulter un expert-comptable pour comparer les deux régimes avant d’atteindre les plafonds.




Anticiper et optimiser autour des plafonds



Quelques stratégies concrètes pour gérer intelligemment l’approche des plafonds.



Surveiller son CA en temps réel



Ne pas attendre le 31 décembre pour constater le dépassement. Tenir un tableau de suivi mensuel du CA encaissé — un simple tableur suffit. Si tu approches de 80 % du plafond en septembre, c’est le moment de réfléchir à la stratégie de fin d’année.



Décaler des encaissements en fin d’année



Si tu es proche du plafond en décembre, il est possible de demander à des clients de payer leur facture en janvier plutôt qu’en décembre — le CA est comptabilisé à l’encaissement. Cette technique est légale et couramment pratiquée — mais elle ne fonctionne qu’en cas de dépassement ponctuel, pas structurel.



Préparer la transition avant qu’elle soit obligatoire



Si tu constates que ton activité croît régulièrement et que tu approches des plafonds de façon tendancielle, anticiper la transition vers le régime réel est plus intelligent qu’attendre d’y être forcé. Les démarches : contacter un expert-comptable pour comparer les régimes, ouvrir un compte bancaire professionnel dédié si ce n’est pas déjà le cas, mettre en place une comptabilité rigoureuse progressivement.



La société comme alternative



Pour les micro-entrepreneurs qui dépassent régulièrement les plafonds, créer une société (SASU, EURL) peut devenir pertinent — notamment pour :



Déduire toutes les charges réelles. Optimiser la rémunération (dividendes vs salaire). Crédibiliser l’image auprès de grands comptes. Protéger le patrimoine personnel (responsabilité limitée). Le passage en société est une décision stratégique qui mérite l’accompagnement d’un expert-comptable.

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Les plafonds de la micro-entreprise en 2026 laissent une large marge à la majorité des indépendants — mais les connaître précisément et anticiper leur dépassement fait partie de la gestion saine d’une activité. Suivre son CA mensuellement, comprendre les seuils TVA et préparer la transition avant d’y être contraint : trois habitudes qui évitent les mauvaises surprises.



FAQ



Les plafonds de la micro-entreprise ont-ils changé en 2026 ?


Les plafonds sont révisés tous les 3 ans par décret, indexés sur l’évolution de la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu. Les montants de 188 700 € et 77 700 € correspondent aux plafonds en vigueur pour la période 2023-2025 reconduits ou actualisés. Vérifier sur impots.gouv.fr ou auprès de l’URSSAF les montants officiellement en vigueur pour l’année 2026.



Peut-on avoir deux micro-entreprises pour doubler le plafond ?


Non. Une personne physique ne peut avoir qu’une seule micro-entreprise. Si tu exerces plusieurs activités, elles sont toutes rattachées au même numéro SIRET et le CA total de toutes les activités est pris en compte pour le plafond. Il n’est pas possible de « multiplier » les plafonds via plusieurs micro-entreprises.



Que se passe-t-il si on oublie de déclarer le dépassement ?


L’administration fiscale surveille les CA déclarés et détecte automatiquement les dépassements. En cas de dépassement non déclaré, tu risques un redressement fiscal avec des pénalités et intérêts de retard. La transparence et la proactivité sont toujours préférables à l’attente passive.



La micro-entreprise est-elle adaptée pour facturer des clients étrangers ?


Oui, mais avec des règles TVA spécifiques. Pour les prestations de services à des clients professionnels dans l’UE (B2B), l’autoliquidation de TVA s’applique — le client étranger déclare la TVA dans son pays. Facturer des clients hors UE est possible sans TVA. Si tu factures régulièrement des clients européens, être assujetti à la TVA peut simplifier les échanges.



L’abattement forfaitaire de la micro remplace-t-il vraiment toutes les charges ?


Oui — c’est son principe. L’abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC) est censé couvrir toutes les charges professionnelles. Si tes charges réelles dépassent cet abattement, le régime réel est plus avantageux — même si tu restes sous les plafonds micro.



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