L’essentiel à retenir : en 2026, le congé maternité dure de 16 à 46 semaines selon le rang de naissance, et le congé paternité dure 25 jours calendaires. Pendant ces congés, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières qui remplacent le salaire — sous conditions d’affiliation.
L’arrivée d’un enfant bouleverse tout — y compris les droits au travail. Congé maternité, congé paternité, indemnités journalières, protection contre le licenciement… Le cadre légal est complet mais souvent mal connu. Ce guide te explique tout ce que tu dois savoir sur les congés parentaux en 2026, que tu sois la mère, le père, ou dans une situation particulière.
- Le congé maternité : durée et conditions
- Les indemnités journalières : calcul et montant
- Le congé paternité et d’accueil de l’enfant
- La protection contre le licenciement pendant la grossesse
Le congé maternité : durée et conditions
Le congé maternité est un droit garanti par la loi, indépendamment du statut de la mère (salariée, fonctionnaire, indépendante).
La durée selon le rang de naissance
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Total |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2ème enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3ème enfant et plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Le report du congé prénatal
Il est possible de reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal si l’état de santé de la mère le permet et avec accord du médecin. Cela permet de travailler plus longtemps avant l’accouchement et de bénéficier d’un congé postnatal plus long.
Si des complications médicales surviennent avant ou après l’accouchement, un congé pathologique supplémentaire peut être prescrit par le médecin : 2 semaines avant le terme (prénatal) et/ou 4 semaines après l’accouchement (postnatal). Ces semaines s’ajoutent au congé standard.
Les conditions d’affiliation pour y avoir droit
Pour bénéficier des indemnités journalières maternité de la Sécurité sociale, tu dois :
Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédant l’arrêt, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédant.
Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date présumée d’accouchement.
Le congé maternité est obligatoire pour les 6 semaines suivant l’accouchement — la mère ne peut pas décider de reprendre le travail avant ce délai, même si elle le souhaitait. C’est une protection de santé publique, pas seulement un droit individuel.
Les indemnités journalières : calcul et montant
Pendant le congé maternité, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières qui remplacent le salaire.
Le calcul des indemnités journalières
L’indemnité journalière est calculée sur la base du salaire moyen des 3 derniers mois précédant le congé, plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale (3 864 € brut/mois en 2026). Le montant journalier est égal à 1/91,25ème du salaire trimestriel brut, avant déduction d’un taux de 21 %.
3 864 € brut/mois · Soit ~127 € d’IJ maximum par jour
~10,34 € par jour (plancher légal)
Salaire moyen des 3 derniers mois : 2 400 € brut/mois
Salaire trimestriel : 7 200 €
IJ brute = 7 200 / 91,25 = 78,90 €
IJ nette = 78,90 × (1 – 0,21) = ~62,33 € nets par jour
Sur 16 semaines (112 jours) = ~6 981 € nets au total
Le maintien de salaire par l’employeur
La loi n’oblige pas l’employeur à maintenir le salaire pendant le congé maternité — c’est la Sécurité sociale qui prend en charge via les indemnités journalières. Cependant, beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien de salaire total ou partiel par l’employeur. Vérifie ta convention collective avant ton départ.
Le congé paternité et d’accueil de l’enfant
Depuis 2021, le congé paternité a été considérablement allongé et partiellement rendu obligatoire.
La durée du congé paternité en 2026
3 jours calendaires · Payés par l’employeur · Pris à la naissance
25 jours calendaires (32 pour naissances multiples) · Payés par la SS
Le congé paternité de 25 jours peut être pris en deux périodes : une période obligatoire de 4 jours immédiatement après le congé de naissance (donc les 4 premiers jours suivant les 3 jours de naissance), puis une période de 21 jours pouvant être fractionnée en deux parties, dans les 6 mois suivant la naissance.
Les 4 premiers jours du congé paternité sont obligatoires depuis juillet 2021. Le père (ou le second parent) ne peut pas y renoncer et l’employeur ne peut pas s’y opposer. Une dérogation n’est possible qu’en cas d’hospitalisation de l’enfant.
Les indemnités du congé paternité
Le congé paternité est indemnisé par la Sécurité sociale dans les mêmes conditions que le congé maternité : même base de calcul, même plafond, même taux. Les conditions d’affiliation sont identiques.
L’employeur continue à verser le salaire des 3 jours de congé de naissance, puis la Sécurité sociale prend le relais pour les 25 jours de congé paternité.
Le congé paternité pour les indépendants et auto-entrepreneurs
Les travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs ont également droit au congé paternité indemnisé depuis 2021. Les conditions d’affiliation et de calcul sont proches du régime général, mais gérées par la CPAM selon des modalités spécifiques au régime des indépendants.
La protection contre le licenciement pendant la grossesse
C’est l’une des protections les plus fortes du droit du travail français.
L’interdiction quasi-absolue de licenciement
Durant toute la grossesse et pendant les 10 semaines suivant le retour de congé maternité, l’employeur ne peut pas licencier une salariée — sauf en cas de faute grave non liée à la grossesse ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à l’accouchement.
Si un licenciement est prononcé pendant cette période protégée et que l’employeur ne peut pas justifier d’un de ces motifs exceptionnels, le licenciement est nul de plein droit. La salariée peut demander sa réintégration et le paiement de tous les salaires perdus depuis la date de licenciement.
| Période | Protection | Exception possible |
|---|---|---|
| Pendant la grossesse | Licenciement interdit | Faute grave non liée à la grossesse |
| Pendant le congé maternité | Licenciement interdit | Faute grave non liée à la maternité |
| 10 semaines après le retour | Protection renforcée | Faute grave ou motif étranger à la maternité |
Le droit au retour dans l’emploi
À l’issue du congé maternité, la salariée doit retrouver son poste précédent ou un poste similaire, avec une rémunération au moins égale à celle qu’elle percevait avant son départ — augmentée des éventuelles augmentations générales accordées pendant son absence.
Si des augmentations ont été accordées aux autres salariés pendant son congé, elle doit en bénéficier également. C’est un droit absolu.
L’employeur est obligé de proposer un entretien professionnel à la salariée à son retour de congé maternité. Cet entretien permet de faire le point sur les perspectives d’évolution et les besoins de formation. Ne pas proposer cet entretien est une irrégularité.
Congé maternité, congé paternité, indemnités, protection contre le licenciement — l’ensemble de ces droits forme un filet de sécurité solide pour les nouveaux parents en France. Les connaître avant l’arrivée de l’enfant, c’est se donner les moyens de les faire respecter sereinement.
FAQ
Peut-on travailler pendant le congé maternité ?
Non. Le congé maternité est obligatoire et incompatible avec toute activité professionnelle, y compris en tant qu’indépendante. Les 6 semaines postnatales sont particulièrement strictes — toute reprise avant ce délai est interdite, même à la demande de la salariée.
Le congé paternité est-il payé par l’employeur ou la Sécurité sociale ?
Les 3 jours de congé de naissance sont payés par l’employeur. Les 25 jours de congé paternité proprement dit sont indemnisés par la Sécurité sociale, sur la base du salaire des 3 derniers mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Que se passe-t-il si l’employeur licencie une femme enceinte ?
Le licenciement est nul de plein droit si aucun motif d’exception n’est établi. La salariée peut demander sa réintégration dans l’entreprise et le paiement de tous les salaires perdus depuis la date de licenciement. Elle peut saisir les prud’hommes en urgence.
Le conjoint pacsé ou en union libre a-t-il droit au congé paternité ?
Oui. Le congé paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert au père mais aussi à la personne vivant en couple avec la mère, quel que soit le statut conjugal (mariage, PACS, union libre). Le lien biologique n’est pas requis.
Les indemnités maternité sont-elles imposables ?
Oui, les indemnités journalières maternité sont soumises à l’impôt sur le revenu (contrairement aux IJ maladie dans certains cas). Elles sont préremplies dans la déclaration de revenus sur la base des informations transmises par la CPAM.

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